Point de vue

Catalin Guguianu, standing against the aestheticizing dictatorship of concept

Mercenary and protean artist, Catalin Guguianu escapes all yokes and reinvents himself ceaselessly. His social and playful vision leads him to address each new installation a territories to be conquered, as a battle between aesthetics and concept.

When designing visual devices, Catalin Guguianu leaves it to the viewer to identify the necessary clues.
He conceives each project as an initiatory journey around a graphic scenario. Donning the clothes of the explorer artist, Catalin Guguianu observes, points to and practices with detached humour. Diversion is the common thread. He adopts as many formats as he uncovers opportunities for mutations. He captures the diversity of mediums to unfold apparently infinite landscapes with the accumulation of 40 to 100 pieces.
Each times he offers a perspective that hardly deviates from the real world but invites us to reconsider it and adopt a point of view.

Catalin Guguianu however, does not wish to take part in aggressive activism; he does not propose solutions, he does not offer slogans.

Chocked by the barbarity humans can demonstrate, he created  » Selfie to Paname « , a composition built around the nightmarish projection of his decapitated self, wearing a mask instead of his head.
With  » RRomwellbox  » he fetishizes an American beautification company developing liposuction technology as a talisman.

Originally from Romania, Catalin Guguianu now lives in Paris. Here he has found bright and passionate grounds that never fail to inspire him. For the “ Nuit Blanche ”, he proposes a digital journey into an imaginary cloister (« L’ECHALIER – Pîrleazu’ »). His installation  » véloLINGA ” sublimates pillars of Vélib stations into phallus of Shiva, insidiously making ways into an eroticized Paris.
 » YETI.COMfusion  » addresses climate change through a truculent composition of surfboards for Yeti. When the artist does not follow another red thread: the Iberian world and particularly the problematic subject of bullfighting with ( » iberianOption « ), he creates a minimal flipbook in print: ( » CARNEtIOVA « ).

Catalin Guguianu addresses the aestheticizing dictatorship of conceptual art, demanding a plural and hedonistic reading of his work. Between conviviality and sacrificial offerings, the scattered traces of his persistent fascination rest on a form of poetry, cognitive, voluntary and meaningful.
Deeply anchored in reality, the fictional powers of Catalin Guguianu’s propositions where form, function and meaning collide, push us out of our comfort zone and refresh our point of views.

Canoline Critiks.

Catalin Guguianu, contre la dictature esthétisante du concept

Artiste mercenaire et protéiforme, Catalin Guguianu se libère de tout carcan pour se réinventer sans cesse. Il partage sa vision sociale et amusée en s’attaquant à ses installations comme à des territoires à conquérir où se confrontent l’esthétique et le concept.

Traversé par un intérêt pour la conception de dispositifs visuels, Catalin Guguianu invite le spectateur à déceler les indices nécessaires.
Chacun des ses projets est conçu comme un voyage initiatique autour d’un scénario graphique. En endossant les habits de l’artiste explorateur, il observe, pointe et pratique avec un humour distancié. Le détournement est son fil conducteur. Il adopte autant de formats que d’occasions de mutations. S’emparant ainsi de la diversité des médiums pour dérouler des paysages infinis en grand format constitués de modules de 40 à 100 pièces.
Autant de points de vue qui font à peine dévier l’ordonnancement du réel et incitent à le reconsidérer en prenant parti.

Catalin Guguianu ne souhaite pourtant pas participer au militantisme agressif et ne propose pas de solutions, ni de slogans.
Marqué par la barbarie humaine, il crée « Selfie to Paname », une composition élaborée autour du cauchemar qui le projette lui-même, décapité, un masque remplaçant sa tête.
Avec « RRomwellbox » il fétichise avec un grigri une firme américaine d’embellissement qui élabore une technologie de liposuccion.

Originaire de Roumanie, l’artiste a élu domicile à Paris, un terrain lumineux et passionné qui ne manque pas de l’inspirer. Pour la « Nuit Blanche », il propose un parcours numérique dans un cloître imaginaire (« L’ECHALIER – Pîrleazu’ »). Quant à son installation « véloLINGA », elle sublime les piliers des stations Vélib en phallus de Shiva, s’infiltrant insidieusement dans un Paris érotisé.
Il évoque aussi le changement climatique à travers une composition truculente de planches de surf pour Yeti (« YETI.COMfusion »). Et lorsqu’il ne suit pas son second fil rouge ; l’espace ibérique et particulièrement la problématique de la tauromachie (« iberianOption »), il créé un flipbook minimal au format papier (« CARNEtIOVA »).

Catalin Guguianu combat la dictature esthétisante de l’œuvre conceptuelle et revendique une lecture plurielle et hédoniste. Entre la convivialité et le sacrifice, les traces éparses de sa fascination persistante reposent sur une forme de poésie cognitive, volontaire et signifiante.
Dans ce glissement où se défient la forme, la fonction et le sens, ses dispositifs au fort pouvoir fictionnel, profondément encrés dans le réel, nous forcent à sortir de notre zone de confort pour retrouver un regard neuf.

Canoline Critiks.

Point of view

For the whole of my artistic projects, I have a generic term: “lespetitsSujets”, subjects inspired of immediate reality, the ordinary daily newspaper.

I acknowledge, thus, my confidence in the force of discretion.

All my projects : “M”, “OCUPAT”, “3èsARTS”, “Crêpuscule Ville”, “C.F.P.”, “L’ECHALIER – Pîrleazu’”, “meetiqueMERCATO”, “veloLINGA”, are active assemblies, and crystallized in the course of time.
Welcome to Logoland! It is acknowledged today that we all are ”logotomisés”! …. As in aikido, I try to divert the force of the advertising in (my) profit. More concretely? I don’t do anything. I don’t force the things. I keep my eyes open to the world and I endeavour to be in touch with it.

Everything is usable: the small scale, the key ring, the paper « grape format », the weekly show « Strongly Sunday », the dating site Meetic, le “velib’” . . . The subtle and aired daily newspaper.

The fact of combining the imaginary and reality, constitute one of the important axes of my work; and, also to involve the spectator physically so that the meaning emerges.
« Step over the stile » (Romanian phrase that denotes the nerve), is placed in a space of worship; the religious decoration becomes the only credible alternative, the only way to leave the social highway.
I hardly separate aesthetics, the practical and the conceptual.
I sent packing the dogma of the pure abstraction, which did not especially want to maintain a link with reality; I diverted the abstract forms freely, in a playful spirit where the value floats sovereign and light, above the fabric, where it does not recover… sensual abstract, which makes space of the screen, a world in specific weightlessness appropriate to all the journeys of the spirit and body.
In this adventure, I have involved several people, a complex engineering, and hundreds of small successive decisions– art is a world, and not in the sense of “world of art”, but a social process, which brings together people in a complex way, to achieve something.
Perseverance always remains for me the supreme intension.

Of course, I would like to mark a moment of my time alter-modern, where the artists wander, through art that explores all the directions of time and space, all dimensions of the present; this stroll which transformed into a mode of knowledge and production.

Catalin, Paris 2017

Point de Vue

Pour l’ensemble de mes projets artistiques, j’ai un terme générique : «lespetitsSujets», les sujets inspirés de la réalité immédiate, du quotidien ordinaire.

J’avoue, ainsi, ma confiance dans la force de la discrétion.

Tous mes projets : «M», «OCUPAT», «3èsARTS», «Crêpuscule Ville», «C.F.P.», «L’ECHALIER – Pîrleazu’», «meetiqueMERCATO», «veloLINGA», sont des montages actifs, et se sont cristallisés au fil du temps.
Bienvenue à Logoland ! Il est admis aujourd’hui que nous sommes tous «logotomisés» ! . . .
Comme en aÏkido, j’essaie de détourner la force de la pub à (mon) profit.
Plus concrètement ? Je ne fais rien. Je ne force pas les choses. Je garde les yeux ouverts sur le monde et je m’efforce d’être en prise avec lui.

Tout est utilisable : la petite échelle, le porte-clés, le papier «format raisin», l’émission hebdomadaire «Vivement Dimanche», le site de rencontre Meetic, le «velib’» . . . le quotidien subtil et aérien.

Le fait de conjuguer l’imaginaire et la réalité, constitue l’un des axes importants de mon travail; et, aussi d’impliquer physiquement le spectateur afin que le sens émerge.
«Enjamber l’échalier» (locution roumaine qui dénote le culot), est placé dans un espace de culte; le décor religieux devient la seule alternative crédible, le seul mode pour sortir de l’autoroute sociale.
Je ne sépare guère l’esthétique, le pratique et le conceptuel.
J’ai envoyé paître le dogme de l’abstraction pure, qui ne voulait surtout pas entretenir de lien avec le réel; j’ai détourné librement les formes abstraites, dans un esprit ludique où la valeur flotte souveraine et légère, au-dessus de la toile, qu’elle ne recouvre pas . . . un abstrait sensuel, qui fait de l’espace de l’écran, un monde en apesanteur propre à tous les voyages de l’esprit et du corps.
Dans cette aventure, j’ai impliqué plusieurs personnes, une ingénierie complexe, et des centaines de petites décisions successives – l’art est un monde, et pas dans le sens de «monde de l’art», mais un processus social, qui réunit des gens d’une manière complexe, pour aboutir à quelque chose.
La persévérance reste toujours pour moi l’attelle suprême.

Bien sûr, je voudrais marquer un moment de mon époque alter-modern, où les artistes vagabondent, à travers un art qui explore toutes les directions du temps et de l’espace, toutes les dimensions du présent; cette flânerie qui s’est transformée en mode de connaissance et de production.

Catalin, Paris 2017