YETI

YETI.COMfusion

Through the global thaw, the migratory movements towards a cohabitation furthermore a more fusional one, we imagine strangely a BIG FOOT learning to surf.

YETI.COMfusion

A travers le dégel planétaire, les mouvements migratoires vers une cohabitation de plus un plus fusionnelle, nous imaginons singulièrement un BOG FOOT s’initiant au surf.

Description

dimmensions

YETI.COMfusion, slippery migration

With YETI.COMfusion, Catalin Guguianu seizes the migratory phenomenon to raise a debate on the borders of art and politics through a ubiquitous work.

« Through the global thaw, the migratory movements towards a cohabitation of more and more intermixing”, I designed this installation which refers to a “Bigfoot being initiated to surfing. »                 The influx of migrants and refugees seeking asylum, today mainly for reasons of civil war or natural disasters, is a phenomenon that is difficult to conceal. Faced with this tension and the imbalance that the world lives withand the panic reactions that it creates, the artist chooses a plastic testimony not without irony. Catalin Guguianu is very familiar with the phenomenon of migrants. He himself witnessed the dismantling of camps in the Parisian northern suburbs. Sensitive to these places of encampment and transit, he considers immigration from a human angle, in its universal dimension.

To get the attention of the viewer by a roundabout means, a surfboard on kraft cardboard, takes an unlikelyaesthetic dimension. Metaphor of the precarious boat of migrants in the Mediterranean, the board is stressedin its centre by a perfectly straight yellow pattern; a border line of deterrence, the impassable territorial limit.

On the makeshift boat, stickers of letters evoking the name of the installation are inserted sparingly. The felt-tip strokes guided by the gesture of the artists hand without determinism are deciphered like so many suitcases deposited in the universe of doubt, at the edge of the persistence of the unknown. In this inventory of wandering, escapes from landscape to the risks of hazardous journeys, strange black diffuse acrylicstreaks appear. They refer to the mysterious steps of Yeti in the snow. These footprint memories invite the reconsideration of the presence, of the identity. Their thickness is symbolic and affirms the mixing of materiality specific to the artist found in other series (IberianOption, Nuts …)

The title of the work that uses the terminology of a URL (uniform resource locator), which informally substitutes the expression « web address » to name the identity of the page, reinforces the notion of belonging. Migrants, these contemporary exiles are seen as a perfidious community, a stream losing all notion of individuality, a matrix of destructive phenomena. The artist denounces this fusional intention of wanting to categorize a certain social group without borders and without limits. The migrant, this « abominable man of the seas » is no longer regarded as an individual, nor as a human being. He becomes in a sense the Yeti, a wild creature with multiple identities that frightens and that we prefer to avoid.

The support-board is not without evoking the action of virtual surfing. It shows how the latent phenomenon, too little considered, is not yet sufficiently anchored in the real world of the spectator. The artist pulls him out of his virtuality and gives us back a hold on him, freeing us from a certain helplessness. With an amused, squeaky and offensive conceptual intention that belongs to him, Catalin Guguianu pays tribute to these oftenclandestine travellers that can only avoid slipping on the territories they cross.

Canoline Critiks.


YETI.COMfusion, migration glissante

Avec YETI.COMfusion, Catalin Guguianu s’empare du phénomène migratoire pour soulever un débat aux frontières de l’art et de la politique à travers une œuvre ubuesque.

« À travers le dégel planétaire, les mouvements migratoires vers une cohabitation de plus un plus fusionnelle, j’ai conçu cette installation qui fait référence à un Bigfoot s’initiant au surf. »

L’afflux de migrants et de réfugiés cherchant l’asile, aujourd’hui principalement pour des raisons de guerres civiles ou de catastrophes naturelles, est un phénomène qu’il est difficile d’occulter. Face à cette tension et ce déséquilibre que vit le monde et les réactions de panique qu’il engendre, l’artiste choisit un témoignage plastique qui ne manque pas d’ironie.

Catalin Guguianu connaît bien le phénomène des migrants. Il a lui-même assisté à desdémantèlements de camps dans la banlieue nord parisienne. Sensible à ces lieux de transit etde cantonnement, il considère l’immigration sous un angle humain, dans sa dimension universelle.

Pour attirer l’attention du spectateur par un moyen détourné, une planche de surf sur carton kraft, prend une improbable dimension esthétique. Métaphore de l’embarcation précaire des migrants en méditerranée, la planche est scandée en son centre par un tracé jaune parfaitement droit ; une ligne frontière de dissuasion, la limite territoriale infranchissable.

Sur l’embarcation de fortune, des stickers de lettres évoquant le nom de l’installation sontinsérés avec parcimonie. Des traits aux feutres guidés par le geste de la main de l’artiste sans déterminisme se décryptent comme autant de valises déposées dans l’univers du doute, aux confins de la persistance de l’inconnu. Dans cet inventaire d’errances, de fuites de paysages aux aléas de parcours hasardeux, d’étranges traces noires diffuses à l’acrylique apparaissent. Elles font référence aux mystérieux pas du Yéti dans la neige. Ces empreintes mémorielles invitent à la reconsidération de la présence, de l’identité. Leur épaisseur symbolique affirme lamixité de la matérialité propre à l’artiste que l’on retrouve dans d’autres séries (IberianOption, Noix…)

Le titre de l’œuvre qui reprend la terminologie d’un url (localisateur uniforme de ressource), auquel se substitue informellement l’expression « adresse web » pour nommer l’identité de la page, renforce la notion d’appartenance. Les migrants, ces exilés contemporains sont perçus comme une communauté perfide, un flux perdant toute notion d’individualité, matrice de phénomènes destructeurs. L’artiste dénonce cette intention fusionnelle de vouloir catégoriserun certain groupe social sans frontières et sans limites.

Le migrant, cet « abominable homme des mers » n’est plus considéré comme individu, ni comme être humain. Il devient en quelque sorte le Yéti, une créature sauvage aux multiples identités qui effraye et que l’on préfère éviter.

Le support-planche n’est pas sans évoquer l’action de surfer virtuellement. Il montre à quel point le phénomène latent, trop peu considéré, n’est pas encore suffisamment ancré dans le réel du spectateur. L’artiste l’arrache de sa virtualité et nous redonne une emprise sur lui, nous libérant d’une certaine impuissance.

Avec une intention conceptuelle amusée, grinçante et offensive qui lui appartient, Catalin Guguianu rend hommage à ces voyageurs souvent clandestins qui ne peuvent éviter de glisser sur les territoires qu’ils traversent.

Canoline Critiks.